dimanche 11 janvier 2009

Mais qui est Cindy Sherman ?

Cindy Sherman était un de mes points libres lors de la réalisation de mon dossier d'histoire des arts en Terminal. J'apprécie beaucoup son travail, et je voulais en parler. Cet article est donc constitué de morceaux choisis.

Sherman enfin elle même : Cindy Sherman par Lian Thomson pour le Sunday Herald Magazine (2003)

Photographe originale, Cindy Sherman a étonné le monde de la photographie avec ses autoportraits conceptuels. Rares sont ceux qui connaissent son vrai visage alors qu'elle est toujours au centre de ses œuvres. Mais grimée, costumée, elle se camoufle afin de donner corps à ses personnages, mais aussi pour que Cindy Sherman disparaisse sous le maquillage. Toutes ses photographies sont regroupées en séries, toutes aussi différentes les unes des autres : elle peut passer d'un univers cauchemardesque dans Civil War où trônent les cadavres à un univers ironique comme dans sa série History Portraits où elle reproduit à sa manière les plus grandes œuvres des maîtres de la Renaissance. Mais malgré cette diversité Cindy Sherman pose toujours la même question celle de la notion d'identité.


Sherman est une photographe "engagée". A travers ses photos, elle dénonce principalement le rôle et la représentation de la femme dans notre société occidentale, et les effets pervers que la publicité, la télévision ont sur la femme moderne. Elle arrive à s'approprier les codes de l'image et à les détourner. Ce qu'il y a d'étonnant avec elle, c'est sa capacité à se grimer, à se laisser disparaître derrière ses personnages; elle utilise son visage comme quelque chose de neutre. Elle arrive aussi à passer d'une série à l'autre, d'un univers glamour à un univers morbide et réussit toujours à faire passer ses messages. Car malgré tout, chaque photo n'a pas un message, l'auteur laisse une libre interprétation aux spectateur "Mes photos ne sont pas un clou enfoncé dans la tête des gens. Et j'ai beaucoup changé de registre". L'interprétation doit être multiple. Malgré tout, on trouve un point commun à toutes ses photos: la représentation n'est jamais joyeuse. On ressent toujours au minimum un malaise au pire une impression morbide. Et même lorsqu'elle se déguise en clown dans la série Clowns, ses personnages possèdent tous un air malsain. Elle travaille dans cette série sur l'ambiguïté du personnage qui symbolise l'enfance mais pourtant qui en terrorisa plus d'un. Et puis y-a-t-il personnage plus hypocrite avec son faux sourire qu'un clown ?


Cindy Sherman -The office Killer, 1995-


Sherman travaille aussi sur le sexe, sa représentation et la représentation de la femme comme objet sexuel. La série Centerfolds/Horizontals commandée par le magazine Artforum ne fût pas publiée car les photos furent très controversées. En effet, Sherman reproduit le cadre horizontal et serré sur des personnages féminins alors que ces dimensions sont utilisées principalement dans les magazines de charme. Les femmes sont angoissées et ont des postures de victimes. Elle dénonce avec humour les carcans dans lesquels est enfermée la femme, et malgré des oeuvres plutôt féministes, Sherman ne passe aucun message politique clair. Elle utilise un humour noir où le plus souvent jeu et horreur se mélangent.


Untitled film still #14, 1978

Ce qui est le plus étonnant dans la photographie de Cindy Sherman, c'est qu'elle utilise le déguisement pour faire tomber les masques de la société, ses clichés permettent justement de dénoncer "les clichés".




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