Sherman enfin elle même : Cindy Sherman par Lian Thomson pour le Sunday Herald Magazine (2003)
Sherman est une photographe "engagée". A travers ses photos, elle dénonce principalement le rôle et la représentation de la femme dans notre société occidentale, et les effets pervers que la publicité, la télévision ont sur la femme moderne. Elle arrive à s'approprier les codes de l'image et à les détourner. Ce qu'il y a d'étonnant avec elle, c'est sa capacité à se grimer, à se laisser disparaître derrière ses personnages; elle utilise son visage comme quelque chose de neutre. Elle arrive aussi à passer d'une série à l'autre, d'un univers glamour à un univers morbide et réussit toujours à faire passer ses messages. Car malgré tout, chaque photo n'a pas un message, l'auteur laisse une libre interprétation aux spectateur "Mes photos ne sont pas un clou enfoncé dans la tête des gens. Et j'ai beaucoup changé de registre". L'interprétation doit être multiple. Malgré tout, on trouve un point commun à toutes ses photos: la représentation n'est jamais joyeuse. On ressent toujours au minimum un malaise au pire une impression morbide. Et même lorsqu'elle se déguise en clown dans la série Clowns, ses personnages possèdent tous un air malsain. Elle travaille dans cette série sur l'ambiguïté du personnage qui symbolise l'enfance mais pourtant qui en terrorisa plus d'un. Et puis y-a-t-il personnage plus hypocrite avec son faux sourire qu'un clown ?
Cindy Sherman -The office Killer, 1995-
Sherman travaille aussi sur le sexe, sa représentation et la représentation de la femme comme objet sexuel. La série Centerfolds/Horizontals commandée par le magazine Artforum ne fût pas publiée car les photos furent très controversées. En effet, Sherman reproduit le cadre horizontal et serré sur des personnages féminins alors que ces dimensions sont utilisées principalement dans les magazines de charme. Les femmes sont angoissées et ont des postures de victimes. Elle dénonce avec humour les carcans dans lesquels est enfermée la femme, et malgré des oeuvres plutôt féministes, Sherman ne passe aucun message politique clair. Elle utilise un humour noir où le plus souvent jeu et horreur se mélangent.
Ce qui est le plus étonnant dans la photographie de Cindy Sherman, c'est qu'elle utilise le déguisement pour faire tomber les masques de la société, ses clichés permettent justement de dénoncer "les clichés".




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