
A Beyrouth, cinq femmes retrouvent dans l'institut "Si Belle" un refuge où elles peuvent parler librement de leurs vies, leurs amours, leurs sexualités.
Eprise de Rabih (qui est pourtant marié), Layale (Nadine Labaki) ne vit que pour ses coups de klaxons et de téléphone. Nisrine va bientôt se marier avec un musulman mais elle n'est plus vierge. Rima est perturbée par son attirance pour les femmes, et attend les visites de cette belle cliente aux longs cheveux. Jamale abandonnée par son mari pour une femme plus jeune, refuse de vieillir. Rose quant à elle, a sacrifié sa vie pour s'occuper de sa folle de soeur, Lili.

A travers leurs questions, leurs intimités et leurs contradictions, c'est 5 femmes nous touchent. Layale, bien que fervente chrétienne, à une liaison avec un homme marié. A 30 ans, elle vit encore chez ses parents (n'étant pas marié) et à travers Rabih transgresse l'interdit. Cependant, enfermée dans cette liaison, elle ne voit pas ce charmant policier qui pourtant lui fait de l'oeil. Au fil du film, l'obsession devient trop forte : elle cherche à rencontrer "l'autre femme", celle qu'il ne veut pas quitter.

Rami doit faire face à des désirs qui n'ont pourtant pas leurs places dans la société actuelle. Son homosexualité n'est jamais dit explicitement. Ce sont les regards, les gestes et son désintérêt complet pour le livreur qui nous l'apprenne. Alors que la
femme aux cheveux longs (qui l'obsède) représente une certaine émancipation de la femme, symbolisée par ses longs (et si beaux) cheveux qu'elle va se décider à couper.

Jamale refuse de vieillir et veut enfin briller en devenant actrice. Abandonné par son mari -sans doute pour une fille plus jeune- elle tente de lutter par le temps à travers différents artifices : sports, maquillage, scotch, allant même jusqu'à mimer ses règles.

Nisrine, musulmane de confession, de se marier. Elle se trouve face un à dilemme, n'étant plus vierge, doit-elle se faire recoudre ou tout dire à son futur mari ? Elle trouve dans l'institut un endroit où elle peut enfin s'épanouir car en dehors le poids des traditions l'entrave.

Rose a sacrifié sa vie pour s'occuper de Lili, sa grande soeur. Quand enfin un homme s'intéresse à elle, elle va préféré choisir sa soeur. Lili quant à elle ramasse tous les papiers qu'elle trouve et espère retrouver l'homme qu'elle aime.
On a du mal, en voyant le film, à croire que c'est le premier long métrage de Nadine Labaki et que les actrices principales ne sont pas professionnelles.
Ce film peut faire penser à un film d'Almodovar tellement les femmes sont sublimées et on retrouve des questionnements similaires : la vieillesse, l'amour sororale, la sexualité.
Tous nous plongent dans l'univers de cette institut : les lumière qui tournent autour du caramel (jaune orangée), la musique orientale. Les hommes ont aussi une place importante, enfin les bons hommes : le policier romantique est prêt à tout pour Layale, l'homme âgé est élégant et fais la cour à Rose. Seul le fiancé a le mauvais rôle, mais de lui, on ne sera rien : ni son visage, ni même son prénom.