mercredi 18 mars 2009

La douceur du Caramel


A Beyrouth, cinq femmes retrouvent dans l'institut "Si Belle" un refuge où elles peuvent parler librement de leurs vies, leurs amours, leurs sexualités.
Eprise de Rabih (qui est pourtant marié), Layale (Nadine Labaki) ne vit que pour ses coups de klaxons et de téléphone. Nisrine va bientôt se marier avec un musulman mais elle n'est plus vierge. Rima est perturbée par son attirance pour les femmes, et attend les visites de cette belle cliente aux longs cheveux. Jamale abandonnée par son mari pour une femme plus jeune, refuse de vieillir. Rose quant à elle, a sacrifié sa vie pour s'occuper de sa folle de soeur, Lili.


A travers leurs questions, leurs intimités et leurs contradictions, c'est 5 femmes nous touchent. Layale, bien que fervente chrétienne, à une liaison avec un homme marié. A 30 ans, elle vit encore chez ses parents (n'étant pas marié) et à travers Rabih transgresse l'interdit. Cependant, enfermée dans cette liaison, elle ne voit pas ce charmant policier qui pourtant lui fait de l'oeil. Au fil du film, l'obsession devient trop forte : elle cherche à rencontrer "l'autre femme", celle qu'il ne veut pas quitter.


Rami doit faire face à des désirs qui n'ont pourtant pas leurs places dans la société actuelle. Son homosexualité n'est jamais dit explicitement. Ce sont les regards, les gestes et son désintérêt complet pour le livreur qui nous l'apprenne. Alors que la femme aux cheveux longs (qui l'obsède) représente une certaine émancipation de la femme, symbolisée par ses longs (et si beaux) cheveux qu'elle va se décider à couper.


Jamale refuse de vieillir et veut enfin briller en devenant actrice. Abandonné par son mari -sans doute pour une fille plus jeune- elle tente de lutter par le temps à travers différents artifices : sports, maquillage, scotch, allant même jusqu'à mimer ses règles.

Nisrine, musulmane de confession, de se marier. Elle se trouve face un à dilemme, n'étant plus vierge, doit-elle se faire recoudre ou tout dire à son futur mari ? Elle trouve dans l'institut un endroit où elle peut enfin s'épanouir car en dehors le poids des traditions l'entrave.


Rose a sacrifié sa vie pour s'occuper de Lili, sa grande soeur. Quand enfin un homme s'intéresse à elle, elle va préféré choisir sa soeur. Lili quant à elle ramasse tous les papiers qu'elle trouve et espère retrouver l'homme qu'elle aime.

On a du mal, en voyant le film, à croire que c'est le premier long métrage de Nadine Labaki et que les actrices principales ne sont pas professionnelles.
Ce film peut faire penser à un film d'Almodovar tellement les femmes sont sublimées et on retrouve des questionnements similaires : la vieillesse, l'amour sororale, la sexualité.
Tous nous plongent dans l'univers de cette institut : les lumière qui tournent autour du caramel (jaune orangée), la musique orientale. Les hommes ont aussi une place importante, enfin les bons hommes : le policier romantique est prêt à tout pour Layale, l'homme âgé est élégant et fais la cour à Rose. Seul le fiancé a le mauvais rôle, mais de lui, on ne sera rien : ni son visage, ni même son prénom.








lundi 9 mars 2009

Ingres et Picasso

Je viens d'apprendre un truc qui va révolutionner ma vie (ou presque). Ingres et Picasso ont un point commun : ils adorent les personnages déformés. Ingres serait donc un peu plus "marrant" qu'on pourrait le croire en voyant ses portraits de femme très académique

La grande odalisque, 1814

Il suffit de regarder plus attentivement ses tableaux de femmes, comme ici dans La grande odalisque. Essayez juste de prendre sa posture, rien que sa façon de tourner la tête en étant de dos ... Impossible. Sa jambe droite semble prendre naissance au niveau du nombril, sa chute de rein est incroyablement longue et son sein ne semble pas impressionner par la gravité.

Alors comme quoi, après avoir compris ça, on ne semble plus vraiment étonné par notre ami Picasso.

Grand nu au fauteuil rouge, 1929





dimanche 8 mars 2009

Keira Knightley

C'est quand même dingue, comment des fois les choses se recoupent. Je voulais rédiger un article sur Keira Knightley, actrice que j'adore et admire, tant pour ses qualités cinématographiques, que pour son rôle d'égérie et son look bien affirmé. Voilà que je me retrouve à lire sa filmographie -qui est sans cesse rallongée- et que parmi la demi douzaine de films qui vont bientôt arrivés sur les écrans, deux ont plus particulièrement attirés mon attention. Tout d'abord Annie Leibovitz : Life through a lens réalisé par Barbara Leibovitz (soeur de l'intéressée), documentaire sur la vie de cette grande photographe où les rencontres de célébrités et d'anonymes se succèdent. Alors que je viens juste de terminer de rédiger l'article sur elle, article que j'ai mis un certain temps à pondre. Mais aussi The beautiful and the damned de John Curran, qui nous racontent la passion destructrice de F. Scott Fitzgerald et de Zelda Sayre alors que je viens juste de terminer Alabama Song de Gilles Leroy, je compte aussi en parler prochainement !

Tout ça pour en arriver à lancer une nouvelle "chronique" qui consacrent "Mes icônes", les personnes que j'admire...
Comme beaucoup de monde j'ai l'ai découverte dans Joue là comme Beckam suivi par l'immanquable Pirates des Caraïbes. J'aime beaucoup son jeu, sa maturité. Elle joue beaucoup dans les "films d'époque", il faut aussi dire qu'elle est une des meilleurs là dedans, Orgueil et Préjugés et Reviens moi de Joe Wright restera pour moi ses meilleurs films. Son visage juvenil est parfait pour jouer les romantiques prises dans les tourmentes de l'amour. Cependant elle essaye de se donner une autre image comme dans Domino où elle joue la chasseuse de prime Domino Harvey, une alcoolique dans The Jacket (que j'ai particulièrement détesté). On pourra aussi la voir prochainement dans un film de science fiction.
C'est une fille sans scandale qui au contraire préfère utiliser son image à des fins caritatives comme dernièrement en posant pour des T-shirts réalisés par Stella McCartney pour Red Nose Day

Devenue égérie du parfum Mademoiselle Coco de Chanel, j'aime particulièrement son look,. Dans la rue, il est plutôt androgyne (elle est souvent du genre à piquer les fringues de son mec) et sans réelle prise de tête, on n'a pas l'impression qu'elle ait passé 1 heure devant sa penderie à réfléchir à ses tenues. Pour ses apparitions, en tant que bonne égérie, elle porte de nombreuses robes Chanel, mais c'est sa robe Valentino des Golden Globe Award de 2006 qui est remarquée par Steven Cojocaru.



samedi 7 mars 2009

Traversez le miroir

Nicole Kidman, New York 2006

Ca faisait un moment que je voulais parler d'Annie Leibovitz, célébrissime photographe américaine.
Cette photo de Zac Efron et Vanessa Hudgens m'a décidé : je la trouve superbe. Bon d'accord, il s'agit aussi de mon "conte de princesse" de petite fille. Mais la beauté glacée de l'actrice contraste avec l'intimité du baiser. C'est ce que j'aime dans les photos d'Annie Leibovitz, elles sont très lisse -souvent retravaillé par ordinateur- mais elles laissent quand même une place aux sentiments, certes minime. Enfin elle nous offre surtout une porte ouverte vers le rêve, vers un pays imaginaire...

Zac Efron et Vanessa Hudgens

Elle est connue principalement pour ses portraits de star ainsi que ses nombreuses participations pour les shoots du magazine Vanity Fair. La mise en scène est toujours parfaite, presque cinématographique.


Pour les portraits les plus célèbres, on peut citer John Lennon nu et Yoko Ono (habillée) allongés et enlacés, Demi Moore enceinte et nue ou encore dernièrement Miley Cyrus (jeune ado-star), elle aussi quelque peu dénudée, ce qui d'ailleurs choqua l'Amérique puritaine.

Avec son objectif, elle rentre dans l'intimité des stars, les rendant tour à tour vulnérable ou au contraire -rentrant dans le jeu du star système- leur donnant l'image lisse et glamour.
Patti Smith et ses deux fils Jackson et Jesse

Elle photographie aussi sa vie, ses journées, nous racontant ainsi sa famille, ses rencontres, ses reportages mais aussi et surtout Susan.
Susan c'est Susan Sontag, son amie, sa compagne. Essayiste et romancière, elle écrira Essai sur la photographie durant 5 ans. Elle mourra d'une leucémie en 2004.

Susan Sontag

J'aime la façon d'Annie de passer comme cela de l'uivers superficiel d'Hollywood à celui plus profond de l'intimité. Les couleurs disparaissent laissant alors place au noir et blanc, un peu comme un costume que l'on abandonne.

EDIT : Hier soir (c'est à dire le 24 mai 2009) a été diffusé sur Arte, le reportage sur Annie Leibovitz réalisé par Barbara Leibovitz. Annie Leibovitz : A life through a lens ne pourrait être plus complet. On y apprend tous sur son parcours, du magazine Rolling Stone à Vogue; de sa participation à la tournée des Rollings Stone; de son addiction à différentes drogues; de sa famille (ses soeurs et frères, ses parents, ses 3 filles), de ses voyages et de ce lien très étroit avec Susan. La plupart des sujets sont très bien traités, on comprend mieux sa façon de travailler, de voir le monde. En même temps qui pouvait mieux réalisé ce reportage que sa soeur...